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31 janvier 2012
“L’espérance lucide”
Mi-janvier, lors de son déplacement en Martinique, François Hollande assurait être du côté de “l’espérance lucide”, reprenant ainsi à son compte une formule du poète Aimé Césaire, né sur cette même île. Certains esprits ont cru bon alors de railler ce positionnement. Aujourd’hui, après le discours du Bourget, suivi quelques jours plus tard de la présentation du programme du candidat, ce type d’ironie facile a disparu.

François Hollande a en effet démontré que l’on pouvait être dans le souffle, dans l’ambition pour notre pays, tout en regardant la réalité en face, comme un futur président à la fois responsable et résolu, précis et volontaire. Cet engagement d’un changement réel pour la France, le candidat du parti socialiste le porte face à un président sortant aux multiples promesses fallacieuses depuis 2007, mais aussi en réaction devant les démagogues populistes de toute obédience, à droite comme à gauche.

Avec cette “espérance lucide”, François Hollande fait appel à l’intelligence et à l’engagement de chaque Français. “Ensemble, nous redresserons la France ” propose-t-il en conclusion de ses 60 engagements. Ouvrir un chemin pour plus de justice, de prospérité et d’égalité, voilà la direction qui est donnée par notre candidat, dans l’esprit évoqué par le grand Aimé Césaire à qui je laisse la conclusion de mon propos :

"C'est quoi une vie d'homme? C'est le combat de l'ombre et de la lumière...c'est une lutte entre l'espoir et le désespoir, entre la lucidité et la ferveur...Je suis du côté de l'espérance, mais d'une espérance conquise, lucide, hors de toute naïveté."
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16 janvier 2012
Réforme du quotient familial : pour une politique familiale plus équitable
Nous voulons une campagne présidentielle de débat et de choix. Où chacun ferait appel à l’intelligence et à l’espérance lucide des citoyens. Bien sûr, la bêtise n’est pas réservée à un seul camp, et, dans ce domaine, la vigilance s’impose à tous. Néanmoins, force est de constater que la droite a choisi de masquer son défaut d’idées et d’argumentation par le niveau zéro de la politique. En toute indignité. Parce que, que trouve-ton à l’UMP face à la situation du pays, devant l’inquiétude des Français et la souffrance de beaucoup ? Des caricatures, des invectives, des dérapages démagogiques !

Les exemples récents sont nombreux mais je voudrais retenir ici le débat lancé par François Hollande sur la réforme de la politique familiale. Beaucoup de médias n’ont retenu, comme souvent, que l’anecdote de la polémique et c’est bien dommage. Voilà une question importante pourtant, mais un peu complexe, qui ne peut pas se résumer en un seul slogan percutant…et qui offre par conséquent un boulevard aux snipers de la petite phrase bête et méchante.

Comme je vous ai parlé d’une campagne présidentielle de débat et de choix, je laisse la place à une analyse sur le sujet de la Fondation Terra Nova ( à retrouver dans son intégralité sur www.tnova.fr) :

« Depuis que la gauche a évoqué la possibilité de réformer le quotient familial, la droite a sorti l’artillerie lourde : ce serait une « folie » que de s’attaquer à ce « socle de la politique familiale », ce serait la « destruction de la politique familiale »…

La droite fait d’abord preuve d’une mauvaise foi politicienne qui ne fait pas honneur au débat démocratique. Les socialistes ont pris soin de préciser que la réforme envisagée se ferait à enveloppe financière constante de la politique familiale : il s’agit donc d’un redéploiement et non d’une réduction, encore moins d’une destruction de la politique familiale.

L’UMP fait ensuite preuve d’une méconnaissance de la politique familiale française. Le quotient familial n’est pas son « socle » : il ne représente qu’à peine plus de 10% de l’ensemble des dépenses familiales – 13 Md€ sur plus de 100 Md€ au total.

L’UMP est ensuite assez incohérente. Elle prétend partir à la reconquête des classes populaires. Or que propose-t-elle ? Conserver un dispositif qui bénéficie de manière disproportionnée aux ménages aisés (les 10% des familles les plus aisées captent 42% de l’avantage fiscal) : « la présidence des riches », une nouvelle fois, comme le dénonce François Hollande. Que propose la réforme ? Rééquilibrer le dispositif au profit des classes populaires – ces 50% de foyers non imposés à l’impôt sur le revenu et qui, de ce fait, ne bénéficient pas du quotient familial. Sans toucher aux classes moyennes : la réforme est neutre pour elles.

Au-delà de la polémique, il est possible de dresser un bilan lucide de la politique familiale française. C’est ce qu’a fait Terra Nova dans un récent rapport qui souligne l’efficacité de la politique familiale française en matière de natalité. Mais il pointe deux défauts.

Le premier est bien connu : si la politique familiale opère une vraie redistribution « horizontale » (des couples sans enfants vers les familles nombreuses), elle est porteuse d’effets inégalitaires importants en termes « verticaux » (des familles modestes vers les familles aisées). Ceci est dû au fait qu’il y a peu de prestations sous conditions de ressources (17 Md€ sur 100 Md€) et, surtout, que la politique familiale passe pour l’essentiel par des dispositifs fiscaux. C’est le cas, typiquement, du quotient familial. Au total, pour la politique familiale française, l’enfant d’une famille riche « vaut » plus que l’enfant d’une famille modeste. La France pratique discrètement un eugénisme soft.

Le second est moins connu, et a été pointé par le rapport de Terra Nova : la politique familiale repose sur une logique de réparation. L’enfant est considéré comme un coût qu’il faut rembourser aux parents. Le cas le plus symptomatique concerne les majorations de pensions de retraite au profit des parents qui ont eu à charge des familles nombreuses. Ces majorations sont très importantes : 14 milliards d’euros par an. Elles sont d’ailleurs très inégalitaires : il s’agit d’un supplément de 10% sur la pension de base (plus la pension est élevée, plus l’avantage est important), qui plus est défiscalisé. Elles relèvent à l’extrême de la logique de réparation : la collectivité rembourse aux parents le coût de l’éducation des enfants, vingt ans après, au moment de la retraite. Pourquoi ne pas investir ces sommes au profit des enfants, au moment de l’éducation des enfants ? Car tel est bien la faiblesse de la politique française : en dépit de dépenses très importantes, l’investissement dans le développement de l’enfant est défaillant. Par exemple, les deux tiers des jeunes enfants ne trouvent pas de solutions de garde en France.

Le rapport de Terra Nova propose, à enveloppe constante pour la politique familiale, de corriger ces deux défauts. Il propose un changement majeur : passer d’une logique de réparation, dominée par un soutien financier aux familles pour compenser le coût de l’enfant, à une stratégie d’investissement social, centrée sur des prestations de services au profit de l’enfant et de son développement. Cette stratégie se veut égalitaire, pour mettre fin à l’injustice actuelle, où tous les enfants n’ont pas la même valeur pour la République. »

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03 janvier 2012
2012 : "tous ensemble ! tous ensemble !"
“Face au monde qui change, il vaut mieux penser le changement que changer le pansement” a dit le facétieux Francis Blanche, dans une phrase bien plus profonde qu’elle en a l’air… Eh bien, plaçons cette année 2012 résolument sous les augures de l’espérance et de la joie, de celles que l’on construit ensemble, en agissant ici et maintenant, là où nous sommes, pour un monde de liberté, d’égalité et de fraternité, dans la lucidité et en responsabilité, mais contre toutes les tentations du repli ou du renoncement instillées parfois jusque dans nos propres cœurs. BONNE ANNEE 2012 A CHACUNE ET A CHACUN !
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