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01 septembre 2010
L'école, d'abord
Je souhaite faire ma rentrée sur mon blog avec 16 000 nouveaux professeurs qui ont poussé les portes de leur établissement aujourd’hui avant le grand « rush » de ce jeudi.

Ces enseignants sont les premiers à faire les frais de la réforme du gouvernement concernant leur formation. Une mesure « à la dynamite » puisqu’elle supprime purement et simplement l’année de formation en alternance que les jeunes suivaient après avoir réussi leur concours. Au passage, ce même gouvernement fait disparaître les instituts universitaires de formation des maîtres (IUFM).

Sous un habillage de considérations incompréhensibles, cette réforme n’obéit en fait qu’à un objectif d’économies « honteuses » car elles ne sont même pas assumées en tant que telles. Demain, malgré tout leur talent et leur bonne volonté, 16 000 enseignants vont faire face à plus de 400 000 élèves, sans aucune formation pédagogique !

Voilà un nouvel épisode de désastre national et je pèse mes mots. Quelle brutalité pour ces jeunes professionnels livrés à eux-mêmes sans préparation ni réel soutien ! Il est des débuts de carrière qui peuvent laisser des traces parfois irréparables. Quel gâchis lorsque l’Etat employeur « investit » aussi mal dans de jeunes recrues, en poste pour les trente prochaines années au moins !

Du côté de l’éducation apportée à nos enfants, quand on connaît les difficultés actuelles déjà, quel cynisme ! Je ne veux pas relever ici les enjeux de réussite individuelle ou d’épanouissement. Je veux redire encore une fois que lorsqu’il renonce à « investir » résolument dans l’éducation, ce gouvernement met en danger l’avenir de notre pays, ses futurs emplois, son dynamisme, sa cohésion.

Le président de la République est disqualifié à chaque fois qu’il prétend donner des leçons de « grandeur nationale ». Nous, nous voulons construire l’avenir de la France et de ses habitants en commençant par l’ECOLE.



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15 juillet 2010
Bonnes vacances !
Au moment où je suspends pendant quelques temps mon blog à l’occasion de cette période estivale, je veux d’abord penser à ceux de mes lecteurs pour qui cet été ne rimera pas avec vacances, quelle qu’en soit la raison, professionnelle ou personnelle. A tous ceux-là, je souhaite la solidarité de leur entourage tout comme l’attention du service public. J’en appelle en somme à cette forme de sollicitude que certains peuvent railler (voir le débat sur le « care ») mais qui constitue pour nous socialistes un fondement indispensable de la société, sans aucun doute à revivifier.

A tous ceux qui pourront se détacher des préoccupations de la vie courante pendant cette période, je souhaite un véritable ressourcement : dans la détente, la découverte, le sport, les livres, les spectacles, les échanges, l’amour et la joie partagés…La liste n’est pas exhaustive, il est juste préférable d’éviter la frénésie ou le trop-plein, car la lenteur et une certaine inactivité représentent de vrais attraits des vacances, celles de l’été tout particulièrement !

Et il ne s’agit pas seulement de « recharger ses batteries » -quelle vilaine expression ! L’homme n’est pas une machine et le monde n’est pas qu’un vaste marché. Les activités humaines qui échappent à l’argent figurent même aux premiers rangs des valeurs que nous voulons promouvoir. Alors bonnes vacances à toutes et à tous !
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08 juillet 2010
Les chiffres de la colère
Le ministre du budget a présenté hier ses orientations devant les députés. Pour réduire les déficits, l’Etat va tailler dans certaines dépenses sociales. Ainsi, la revalorisation de 25% de l’aide aux adultes handicapés (696 € au maximum à ce jour) sera étalée sur six ans au lieu de cinq. Sur fond « d’affaire Woerth », les cigares de M. Blanc tout juste éteints, le gouvernement persiste à donner les signes tangibles de réformes injustes, entretenant un climat dans lequel seule l’extrême droite fait son miel.

Les réformes sont en effet nécessaires. Je ne réfute pas pour ma part le terme de rigueur. Mais certainement pas au prix d’une casse sociale et au seul profit de quelque uns. Les choix du gouvernement apparaissent comme au service d’une caste (Mme Bettencourt pour prendre le nom le plus récent) ou d’une clientèle (les restaurateurs par exemple). Et, comme l’indiquait l’éditorial du Monde du 1er juillet dernier, « tant pis si les chiffres sont cruels : la suppression annoncée de 100 000 postes de fonctionnaires d’ici 2013 fera économiser 3 milliards d’euros à l’Etat, soit le coût annuel du cadeau fait aux restaurateurs [… pour un] bilan des plus mitigés. »

Oui, les chiffres du gouvernement sont cruels, cruels pour la grande majorité des femmes et des hommes de ce pays. Le chèque de l’Etat à Mme Bettencourt (accordé en ristourne du fameux « bouclier fiscal ») s’élève à 30 millions, soit une année de salaire pour 1 200 infirmières en France, comme l’a récemment évoqué Benoît Hamon pour le PS. En période de « rigueur » affichée, c’est tout simplement insupportable. On ne construit pas une société plus juste et plus apaisée avec de tels symboles.
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